« Mais peut-être faudrait-il commencer par tout effacer, puis envoyer des ambassadeurs, qu'en retour ils nous disent les fonds et les surfaces, l'au-delà et l'évidence. Ainsi nous pourrons tracer le trait. »

Le pli s'entoure. Le cercle en bas, les corps, les anges peureux de chute. Le nuage, la pierre tressée en couronne, froideur, ciel hautain, un rayon blanc de fin du jour. Ha ! ce jour éternel, qu'il ne bouge pas ! L'idée claire au-dessus, l'ombre dans le cercle. Les rêves arrivent, les visages, les formes, les dangers, le souvenir diffus, les tromperies crues. Le temps s'arrête; ici la nature, herbes sauvage, le paradis d'avant, la pureté et l'innocence. L’oeil, vertige, l'idée du monde, mais la mort tout entière dans le cercle non plus seulement vertueux, ni seulement démoniaque, mais peut-être certitude. Replis, passage, inclinaison, points d'inflexion, passage vertical de l'ombre graduée, d'un rêve pour le calme rayon blanc impassible d'horizon.

Ce nuage est-il féminin ? dévoile-t-il les rondeurs ?

La surface de l'oeil aux éclats de lumières. Creux tangible de l'illusion, l'architecture du lieu, de la terre, l'horizon absolu. Qu'une barre de bois en chemin visible du monde fixe son poids, courir dans la forêt et le nuage dans l'effort accordé. L'au-delà inatteignable, pour nous les brillances généreuses et le poids des êtres, de l'objet, du pli dans le pli, de l'oeil. L'haletant orage cependant apaisé ici dans l'être, calme état, ombre terreuse. D'un rêve rompu, l'oeil ouvert. A ce point essentiel le moment, quand la nuit prospère, l'air libre au-dessus, sans cause. Je vis encore, le rire et les anges, triste avant le secret, voilà le bleu, voilà l'inclinaison, voilà la pente, l'astre inondant. « Qu'un pli dans l'azur emprisonne le mot, qu'il poursuive l'échappée, qu'il arraisonne les ondes, dans ses entrailles qu'il tienne certain l'instant, qu'il tienne. J'ai besoin de miséricorde, de l'herbe mouillée, j'ai besoin d'un secret, ce visage dans le blanc froid des matins hivernaux où j'ai perdu mes membres. Je suis tombé dans l'abîme, il faisait clair pourtant, j'aurais dû voir, mais mon corps m'a trahi, il s'est enfui, il ne m'aimait plus. J'ai besoin de pluie ou de larmes, que quelqu'un chante pour moi, qu'un soleil revenu du désastre accueille ma chair, j'ai besoin de ce monde. Tracez un ligne près de moi, je vous en prie, tracez une ligne que je m'y accroche, maintenant ! »

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